Présentation de ma collection Contessa-Nettel



 

Histoire générale de la marque : 

Contessa Nettel était une société allemande résultant de la fusion de Contessa Camerawerke et Nettel Camerawerke, survenue en 1919. Après une période de coopération avec ICA, elle fut intégrée au groupe Zeiss Ikon en 1926 (tout comme ICA d'ailleurs).

Le Dr August Nagel commença son travail de conception d'appareils photographiques en 1908 sous le nom de Drexler & Nagel, société qui devint Contessa Camerawerke un an plus tard. 

En 1919, il acheta  Nettel Kamera-werke (basé à Sontheim am Neckar) et rebaptisa l'ensemble Contessa-Nettel AG, qui sera basé à Stuttgart.

Une des particularités de la société était sa vaste gamme d'appareils stéréoscopiques. Une autre spécialité était les obturateurs plan-focaux. Le nom de ces obturateurs était, en interne, « Deck-Rouleau », une combinaison du mot allemand Decken, couvrir, et du mot français rouleau. Cependant, certains des appareils munis de ces obturateurs étaient vendus sous le nom de « Deckrullo ». 

En 1926, la marque se fait absorber au sein du groupe Zeiss Ikon, ce dernier continuera à  produire néanmoins les appareils de Contessa-Nettel sous le logo Zeiss comme ceux de ICA et d'autres groupes absorbés également à la même date. 

Mon modèle : 

Le Contessa-Nettel Piccolette Modèle B:

Appareil déployé prêt à servir et prendre une photo en format portrait 

Le Piccolette voit le jour officiellement en 1919 et sera fabriqué jusqu'en 1930/31, en plusieurs variantes, le Piccolette est une adaptation de conception très proche du Vest Pocket de Kodak datant d'avril 1912, les principales différences sont, un porte-films amovible fixé au capot inférieur (alors que sur le Vest Pocket il n'y  a  pas de support de film, le capot inférieur doit être retiré avant de sortir l'axe bobineur, amorcer le film avant de rentrer verticalement le film à travers la fente du guide qui est, quant à lui, fixe, à la manière des futurs Leica I, II et III par exemple), assurant ainsi une insertion sans problème du film dans l'appareil et la seconde différence c'est la partie inférieure enveloppante de la partie avant qui sert également de béquille en format portrait comme sur le Vest Pocket sauf que pour ce dernier, elle est pivotante sur un axe caché. 

Le Piccolette fut lui-même directement copiée en 1925 par Rokuoh Sha pour son Pearlette, puis à son tour fut copié par Fuji Kōgaku pour ses klapp, le Dianette et le Pionette vers 1936.  

Nous allons à présent, parcourir l'histoire du Picolette et par soucis de commodité, nous allons diviser l'histoire en deux groupes, la période Contessa-Nettel et la période Zeiss Ikon:

Période Contessa-Nettel (1919-1926):

Durant cette période qui vit naître le Piccolette, un appareil photo fixe focus mono format (ici un 127 Kodak) on peu observer deux modèles distincts qui sont relativement faciles à différencier l'un de l'autre  :

Le Modèle A: 

Comme vous avez put le voir sur la photo en lien le Modèle A est reconnaissable par sa face avant typique avec aucun viseur à prisme pour la prise de vue en format portrait, en revanche il possède un viseur sport pour le format paysage, le nom Picolette se trouve au dessus de l'objectif alors que le nom sans logo de Contessa-Nettel figure quant à lui dessous, pour ce qui est du format de pellicule il est standard du premier au dernier modèle vendu en 1931 par Zeiss Ikon, un film de 4x6,5cm en rouleau (du format 127 Kodak), en Allemagne il est souvant rencontré monté avec un objectif Meyer Goerlitz Doppelanastigmat Citonar 7.5cm f/6.3, mais lorsqu'il sera vendu a l'export les revendeurs mettrons divers modèles d'obturateurs et d'objectifs. 

Le Modèle B : 

Il ne diffère que très légèrement du modèle A en effet il possède un viseur à prisme 45° permettant aussi bien la prise de vue en format portrait que paysage, il conserve le viseur sport métallique du modèle A et le logo Contessa-Nettel apparait au dessus de l'objectif sur un coin de la face avant (à côté du réglage des vitesses), le nom Picolette quant à lui est gravé sous l'objectif.

Contrairement au premier modèle le type B est fréquemment rencontré avec une myriade d'obturateurs et d'objectifs (en fonction des marchés passés avec Contessa-Nettel, les revendeurs français, anglais, américains, allemands montaient dessus le boîtier ce qu'ils voulaient ou ce que leur client leur commandait) :

Achromatique 7.5cm f/11 monté sur un obturateur Acro (25, 50, 75, B, T)

Berthiot Olor f/5.7 avec obturateur Compur 

Meyer Goerlitz Doppelanastigmat Citonar 7.5cm f/6.3 avec obturateurs: 

Compur, Derval ou Pronto     

Contessa-Nettel Piccar 7.5cm f/11 sur obturateur Piccar (25, 50, 75, B, T)

Contessa-Nettel Nettar Anastigmat 7.5cm f/6.3 sur un obturateur Derval (25, 50, 100, B, T)

Anastigmate Hermagis 7,5cm f/6.3

Meyer Goerlitz Nettar Anastigmate 7.5cm f/6.3 in sur un obturateur Derval  (25, 50, 100, B, T)

Contessa Nettel Doppel Anastigmate Taronar 7,5cm f/5.4 sur un obturateur Compur

Anastigmate Perfect 7,5cm f/6.3 sur obturateur Derval (25, 50, 100, B, T)

Anastigmate Photo-Hall 7.5cm f/6.3

Anastigmate Splendor f/6.2 sur un Derval (25, 50, 100, B, T)

Trinastigmat 7.5cm f/6.8 avec un obturateur Derval

Roussel Stylor 7.5cm f/6.3

Zeiss Tessar 7.5cm f/4.5 avec un Compur 

Zeiss Tessar 7.5cm f/6.3 avec un Compur

Zeiss Triotar 7.5cm f/6.3 sur obturateur Compur

Modèle B,  avec objectif à reglage de focus:

Zeiss Tessar 7.5cm f.4.5 avec un obturateur Compur 

Zeiss Tessar 7.5cm f.6.3 avec un Compur 

Bref, vous l'aurez compris, il y en a pour tout les goûts et toutes les bourses. 

Période Zeiss Ikon(1926-1930/31):

La production du Piccolette se poursuivi après la fusion de Contessa-Nettel au sein de Zeiss Ikon en 1926, le Piccolette était alors cendu sous le nom de modèle 545/12 (typique Zeiss) au tout début le logo Contessa-Nettel était encore visible sur la face avant au côté du logo Zeiss Ikon, par la suite (probablement après épuisement des stocks de pièces existantes) seul restera le logo Zeiss et le nom Piccolette jusqu'à la fin de production de l'appareil en 1930, il sera encore vendu de par le monde jusqu'à l'année suivante.

Tous comme les modèles précédents, le 545/12 fut proposé avec moultes modèles d'objectifs et d'obturateurs : 

Achromatique 7.5cm f/11 avec obturateur Acro

Citonar 7,5cm f/6.3 avec obturateurs Derval ou Compur

Contessa-Nettel, Piccar 7.5cm f/11 avec obturateur Piccar

Hekla 7,5cm f/6.8 avec obturateurs Derval ou Compur

Nettar 7.5cm f/6.8 avec obturateur Derval

Novar 7.5cm f/6.8 avec obturateur Derval

Anastigmate Perfect 7,5cm f/6.3 avec obturateur Derval

Teronar 7.5cm f/5.4 avec obturateur Compur

Trinastigmat 7.5cm f/6.8 avec obturateur Derval

Zeiss Tessar 7.5cm f/6.3 avec obturateur Compur

Zeiss Tessar 7,5cm f/5.4 avec obturateur Compur 

À partir de 1927 Zeiss sortira un modèle luxe du Piccolette (designé au catalogue Zeiss Ikon comme modèle  546/12) qui est réellement différent des modèles précédents, il ne s'ouvre plus comme un Klapp (de manière frontale) mais comme un folding (de manière latérale de ce fait l'objectif est mieux protégé que dans les modèles précédents) bien qu'il conserve les deux croisillons de part et d'autre du soufflet, le support d'objectif est typique des modèles folding, l'appareil n'est de ce fait plus à focus fixe,  mais on peut réellement effectuer une mise au point, fine.

Cet appareil sera le dernier modèle de la série et sera produit jusqu'en 1930.

Il pouvait être rencontré avec pour objectif monté dessus:

Goerz Dominar 7.5cm f/4.5 avec obturateur Compur

Meyer Goerlitz Doppelanastigmat Citomar 7.5cm f/6.3 avec un obturateur Compur

Zeiss Tessar 7,5cm f/4.5 avec un Compur

Zeiss Tessar 7,5cm f/6.5 avec un Compur

Vue de face de l'appareil 


Gros plan de l'objectif, composé d'un obturateur AGC (Alfred Gauthier Calmbach) modèle ACRO, ayant 3 vitesses d'exposition (25, 50 et 75 centièmes de seconde) et une pose B et T et ouvrant de l'infini, à f:32 et d'un objectif achromatique de 7,5cm, ouvrant à f1:11, confirmant ainsi qu'il s'agit bien d'un modèle B puisse que ce couple: Objectif achromatique/obturateur ACRO est typique du modèle 


Vue de dessus

avec le verrou

 du compartiment

Film sur Z (Zu)

Qui signifie Fermé 

Même vue du

dessus mais 

sur A (Auf)

Qui signifie Ouvert 














Vue de dessus


Vue du côté droit


Vue du côté droit 

Vue de dos



Vue de dos, viseur sport relevé, il sert également de capot pour l'indicateur de chargement du film

Appareil vu de dos, viseur sport sortie 


Porte film retiré de son compartiment, sur le fond est visible 3 chiffres, 633, il s'agit des trois derniers chiffres du numéro de série.





Porte film hors de la caméra 

Le numéro de série de l'appareil, visible ici (et les 3 derniers chiffres sont refrappés sur le support du film comme vous pouvez le voir plus huat), est le 322633 le fait qu'il n'y ait aucune lettre devant confirme un modèle antérieur à l'absorption de Contessa-Nettel par le groupe Zeiss, en 1926

Pour ce qui est de l'utilisation de l'appareil c'est simple et relativement court à appréhender, je vous laisse parcourir le manuel utilisateur qui est disponible en ligne




Catalogue Photo-Hall d'avril 1921
Parlons à présent du sujet qui fache toujours lorsqu'il s'agit d'acquérir un appareil photo (quel que soit l'époque)... le prix; En 1921, un Piccolette avec objectif achromatique, à obturateur AGC et sa saccoche en cuir coûtait en France, la somme de 135 Francs Or + 13Frs 50cts, soit 148Frs 50cts ce qui semble abordable, mais gardez à l'esprit que l'inflation monétaire en 104ans est colossale !Ainsi le pouvoir d'achat de 148,50 Francs Or de 1921 est donc l'équivalent de celui de 19 375€ 48cts en 2025... du coup cher ou pas cher en 1921 cet appareil ? 
Et bien tous comme pour n'importe quel appareil photo à l'époque, la photographie s'adressait minimum aux classes aisées voir très aisées, pas au simple monsieur et madame tous le monde, en effet un manoeuvre gagnait alors en moyenne 1Fr80 de l'heure (pourquoi en moyenne ? Parce que par exemple, un ouvrier menuisier parisien, de la même période touchait par exemple, lui seulement 80 centimes).
Il ne faut pas également négliger le contexte économique de l'époque, lendemain de la Première Guerre Mondiale, déblément et reconstruction de villes et industries détruites,  1 million 400 000 morts et 4 millions de blessés au combat du côté français et la Grippe espagnole à fait rage entre 1918 et 1919, les temps sont donc au deuil et aux dépenses primordiales, les bons du commerce (monnaies de nécessité ancêtre des tickets de rationnement) sont plus que jamais la norme face au Franc or qui devient le saint graal à obtenir.
Nous ne sommes que 3 ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, le pays panse ses blessures toujours ouvertes, les villes et villages du nord et de l'Est de l'hexagone sont décimés autant au niveau humain que les infrastructures,  la photographie pour tous n'est pas à l'ordre du jour.
 
 
 

La suite de ma collection sera visible en cliquant ici. 

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