L'entreprise est créée le par Fritz Kaftanski et Lucien Bouchetal sous le nom de Fex (ce qui est censé signifier France EXport, mais la société n'exporte rien, l'entreprise est décrite comme un fabricant prolifique d'appareils photosen plastique bon marché dont beaucoup avaient undesign intéressant, il s'agit surtout d'une marque fabricante d'appareils photographiques de vulgarisation de cet art auprès du grand publique) préalablement utilisé par Fritz
Kaftanski dans plusieurs noms de firmes ou d'appareils en Allemagne et en Tchécoslovaquie.
En fait, les deux hommes sont associés depuis 1942 et ont déjà produits leur premier appareil, le Compa-Fex, une petite Box en bois de piètre
qualité vendue alors 200 Francs et dont tous les exemplaires sont rapidement
vendus à cause de l’extrême pénurie d'appareils photos neufs à l'époque.
La création de l'entreprise a été retardée par la loi du interdisant aux juifs et aux étrangers de créer des sociétés (alors que Fritz Kaftanski remplit ces deux conditions). La société a cependant été créée avant la libération de Lyon, le .
Le , Fritz Kaftanski et Lucien Bouchetal créent les établissements Kafta à Paris, probablement pour payer à Kaftanski les royalties dues pour les licences de production.
En 1947, Fritz Kaftanski quitte la société où ses relations avec Bouchetal se sont tendues. Il se rabat alors sur Kafta où il
produira des appareils sous cette marque.
Le , messieurs Bouchetal, Coulaud et Rothberg fondent INDO (INDustrie Optique). La raison sociale passe à « Fex-Indo » sur les documents officiels.
Le , l'assemblée Générale de Fex décide la dissolution de l'ancienne société et Indo dépose la marque Fex. Les appareils continueront à être marqués Fex jusqu'à la moitié des années 1960.
En 1961, la société embauche Paul Lachaize qui modernise beaucoup l'aspect des appareils. Il quittera la société en 1973.
Vers 1977, les appareils produits en masse à très faible coût à Hong Kong envahissent le marché français et mettent Indo en mauvaise posture.
Le , Indo est en cessation de paiement.
Le financement d'un nouveau projet d'appareil en format 110 échoue malgré une commande ferme de 100 000 appareils par les magasins Phox et le 22 août 1980, le règlement judiciaire est prononcé.
L'entreprise ferme définitivement ses portes le 10 décembre 1983.
Si vous êtes curieux de voir tout ce cas produit cette marque (et elle fut prolifique) je vous recommande d'aller jeter un œil sur
Mes modèles :
Le Fex ULTRA FEX, version 14, Himalaya:
Saccoche eveready en cuir fauve personnalisé au nom de Bernard (nom de l'ex propriétaire de l'appareil ou marque du photographe qui lui aurait vendu l'appareil)
Saccoche vue de dos
L'appareil dans sa saccoche
L'appareil prêt pour prendre une photo
L'appareil vue de face
Vue de dessus
Vue de dessus objectif déployé
Vue du côté gauche
Vue du côté droit
Vue de dos
Gros plan du marquage au dos du boîtier Breveté Sans Garantie Du Gouvernement
Vue de dessous avec taraudage pour un montage sur un trépied
Vue de dessous objectif déployé
Boîtier ouvert pour chargement du film
Gros plan du marquage dans le boîtier
Le Ultra FEX est une extrapolation du Super FEX
en format d'image 6x6cm.
La focale est d'à peu prés 85 mm ce qui est un peu court pour un format de pellicule de 6x9cm (Kodak 620). Le
premier modèle de Ultra FEX sort en 1947. Il y aura 34 versions en plus de
vingt ans de production de ce modèle.
Mon exemplaire est la 14ème version de l'Ultra FEX, sortie en 1952, la marque profitera également du fiasco de la 3ème expédition française sur l'Himalaya en juin 1951 qui eut une issue tragique, pour réaliser un coup marketing en sortant un Ultra FEX avec une pastille collée dans le bas du boîtier ou est inscrit HIMALAYA il s'agit d'un modèle commémoratif de cet expédition, il existera plusieurs Ultra FEX Himalaya, mon exemplaire est le premier modèle .
Objectif réglé sur 1/25ème de seconde et luminosité intense
Objectif réglé sur pose P et ouverture sur Normal
Objectif réglé sur pose P et ouverture sur Intense
L'objectif est un TOURRET-NARAT Fexar de type ménisque monté sur un obturateur possèdant 2 vitesses (1/25ème et 1/100ème) et une pose P, ancêtre de la désignation de la pose B.Pour ce qui est de l'ouverture, il n'y a que deux positions INTENSE ou NORMAL.
Manuel d'origine du Ultra FEX, image du web
Seconde page du manuel
Publicité FEX dans la revue Sciences et vie de juin 1955
Parlons du prix, en 1955 le prix de base du Ultra FEX était de 1653 Francs Lourds, ce qui équivaut de nos jours à 4258 Euros et 73 centimes.
Le Fex-Indo ELITE FEX, version 08:
Etui en cuir de l'appareil
Le l'Elite FEX Indo est un appareil possedant un boitier intégralement en bakélite fabriqué à partir de 1955. C'est une version améliorée de l'Ultra Fex, dont il diffère d'abord par sa présentation avec son corps bicolore et son capot métallisé contrairement au Ultra qui est tout noir, mais aussi sur le plan technique.
Mon modèle est la huitième version (l'Elite en compte 13) de cet appareil, elle fut produite à partir de 1958.
Les caractéristiques communes aux deux appareils sont :
- monture d'objectif rentrante : tube téléscopique en métal
- objectif ménisque FEXAR - OPTIC - SPEC - réglage de diaphragme sur 2 ouvertures (N "normal" et I "intense") - obturateur à 3 positions : 1/100ème, 1/25ème de seconde et P (P=pose, correspondant à l'actuelle pose B) - synchro-flash sur le coté gauche de la platine d'objectif, et griffe porte-accessoires moulée sur le capot
- mise au point fixe, l'objectif est calé sur la distance hyperfocale
et le dos presse-film incurvé corrige l'écart de mise au point entre le
milieu et les bords de l'image.
Posemètre Goldberg du Elite
Au chapitre des différences, outre la présentation, notons d'abord la présence d'un posemètre “à extinction" : dans une petite fenêtre rectangulaire, on observe le sujet à travers un coin de Goldberg(zône transparente dégradée du transparent au noir) sur lequel on lit des indications. La dernière lisible correspond au réglage correct de l'appareil. C'est un posemètre très sommaire mais ça marche !
Pour ce qui est de l'objectif, il s'agit d'un FEXAR, de type ménisque, monté sur un obturateur ayant 2 vitesses d'obturation, 1/25ème de seconde et 1/100ème de seconde il y a également une Pose B, pour ce qui est de l'ouverture il n'y a que deux positions Intense(temps ensoleillé) et normal (temps couvert ou photo en intérieur).
Dos de l'appareil avec deux fenêtres pour visionner le défilement de la pellicule, ici un format de film 620, l'appareil permettait de faire deux formats d'images, 6x6 ou 6x9cm.
Fenêtre ouverte indiquant une utilisation de l'appareil pour un format d'image 6x9cm.
Fenêtre ouverte indiquant une utilisation de l'appareil pour un format d'image 6x6cm.
L'appareil possède en plus des deux fenêtres de contrôle d'avance du film au dos du couvercle, deux volets internes recouverts de feutrine noire, limitants la fenêtre d'exposition au format 6x6.
La dernière image ci-dessus montre ces volets fermés alors que l'image ci-dessous montre ces volets escamotés permettant de prendre une image en format 6x9cm.
Marquage au dos du boîtierà l'intérieur, expliquant oe type de bobine utilisé ainsi que la mention habituelle Breveté SGDG Modèle déposé
Voici le livret d'utilisation de l'appareil:
Page 1 du feuillet d'instruction de l'appareil (images du net)
Page 2 du feuillet d'instruction de l'appareil
L'appareil pouvait également accueillir un flash de la marque, également en plastique et fonctionnait avec une ampoule PF1:
Flash Fex pour appareils de la marque dans sa saccoche en feutrine d'époque
Boîte d'ampoules de la marque Philips gamme Photolux type PF1
Le flash pouvait être monté de deux façons, verticale ou horizontale:
Catalogue Photo Plait 1958-59
Parlons prix, en 1958, l'Elite était proposé pour la somme de 4320 Francs Lourds ce qui ne représenterai que 432 Nouveaux Francs, mais dans l'après guerre, une telle somme est considérable, compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat en 1958
de 4 320 Francs Lourd est donc l'équivalent en 2024, de celui de 8 841Euros 53 centimes.
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