Présentation de ma collection ALSAPHOT

 

Histoire générale de la marque:

Alsaphot était le département photographique de la société ALSETEX (Alsacienne d'études et d'exploitation) qui sera rachetée plus tard par Schneider et la Banque de Paris. Alsetex comportait deux autres branches : la Société alsacienne d'explosifs et d'applications chimiques et la Société de recherche et d'études d'exploitation. La maison mère se trouvait à Richwiller, dans le Haut-Rhin. Elle possédait quatre autres usines, à Grenoble, Angers, Précigné dans la Sarthe et Woensdrecht aux Pays-Bas.

La marque Alsaphot a été lancée au lendemain de la Guerre en 1947, un moment très favorable à l'industrie photographique en France où la demande était forte et le marché protégé. Parmi ses nombreuses créations se distinguent deux appareils particulièrement ingénieux, l'un et l’autre conçus par Lucien Dodin. Le Cyclope (1950) est un 6×9cm rendu compact par un astucieux jeu de miroirs, le film étant tourné vers le photographe tandis que l'objectif est déporté à hauteur du viseur. L'Alsaflex (1952) est un petit 24×24 mm reflex mono-objectif à obturateur à rideaux métalliques et objectifs interchangeables. La miniaturisation du système de visée est obtenue par réflexion latérale, le miroir escamotable pivotant autour d'un axe vertical. La licence sera reprise en 1963 par Olympus pour la série Pen F, reflex de poche de format 18x24.

Un troisième appareil remarquable a été construit en sous-traitance sous la marque Alsaphot : le Bioflex (1954), un reflex bi-objectifs 6×6 cm parmi les plus perfectionnés de son temps créé par PRELUX puis commercialisé par une société de la Côte d'Or. La Société Commerciale BIOFLEX était domiciliée à Paris, au 43 de la rue de Courcelles. La fabrication lui a été retirée vers 1957.

La réalisation des pièces (sauf les obturateurs) et le montage se faisaient pour l’essentiel à Angers. Les objectifs des modèles les plus élaborés étaient signés Boyer, SOM-Berthiot ou Sagem.

Comme la plupart de ses homologues en France, l’entreprise périclita dans les années soixante avec la montée en puissance des importations allemandes et japonaises.

L’insigne de la marque était une cigogne en vol tenant au bec une banderole Alsaphot en forme de film perforé.

Alsaphot aura existé entre 1947 et 1970.

La société Alsetex quant à elle, existe toujours. Elle est aujourd'hui spécialisée dans la conception et la fabrication de munitions complètes pour l'armée Française et les armées étrangères, ainsi que des matériels d'interventions pour les forces de sécurités militaires et civiles, pyrotechnie civile et militaire.

Mon modèle :

Étui embossé avec le logo d'Alsaphot

Vue de 3/4, avec capot du viseur ouvert

Vue de dessus, le capot du viseur fermé

Pellicule de film 6x9cm de Lumichrome Lumière
Le Dauphin I de chez Alsaphot (un beau petit cadeau qui me fut offert par ma chère Gizmo et par Shadowxydre) est un appareil assez rudimentaire de l'après-guerre puisqu'il fut fabriqué entre 1952 et 1953 avant d'être amélioré à plusieurs reprises (versions I A et II par exemple), il n'y a malheureusement pas grand chose à dire de plus sur ce vénérable appareil type Rolleiflex (en apparence seulement) qui n'est en réalité pas un vrai Reflex TLR, car le réglage de la distance n'est pas répercuté sur la visée, puisque l'objectif de visée n'est pas couplé à celui de prise de vue il n'y est pas possible de faire un réglage de la netteté via le viseur il faut avancer ou reculer tout en visant pour faire la netteté, le format d'image est du 6x6cm, l'appareil fonctionne avec du film 6x9cm, aussi appelé 120 Kodak.

L'objectif quant à lui, est une lentille ménisque montée sommairement comme sur les foldings d'avant la première guerre mondiale, l'objectif est un Boyer, Paris, modèle MENIX, ouverture 1:11, focale de 8cm sur une douille à tenon quart de tour qui permet de faire la mise au point (avec option portrait ou paysage) qui n'est même pas observable dans le viseur car ce dernier est indépendant de l'objectif, le réglage de l'ouverture est tout aussi sommaire avec seulement trois positions :

-Nuages
-Claire
-Soleil

Globalement l'obturateur est configurer comme un Gitzo A des années 1917-20 ou un Compur des années 1910-15

En 1952, un Dauphin I valait 3980 Francs lourds, c'est très cher dans une période ou la France essaye de panser ses blessures, alors qu'elle se fourvoie dans les conflits extérieurs et coloniaux

Écran de visée très clair

Le boîtier ouvert prêt pour le chargement du film

Vue de dessous on voit bien le bouton de verrouillage du magasin, le taraudage pour le trépied et en haut la prise du flash

Côté gauche

Vue de dos

Côté droit avec la grosse molette d'avance du film


(répressions de Madagascar, Maroc, Sénégal, conflits d'Indochine, Corée, Algérie, Suez..etc), la France devra attendre 1955 pour ratteindre le niveau économique et industriel de 1938 ! Voilà pourquoi de telles appareils simplistes et surtout simples et rapides à produire (Dauphin , Box Gap, Miom, etc...) font leurs apparitions en revanche la monnaie d'après-guerre n'étant pas très stable les prix ne sont pas cher (car 3980 Francs lourds, feront 398 Nouveaux Francs, soit l'équivalent de 60 Euros 67 cts de nos jours)  en revanche pour le niveau de vie de madame et monsieur tout le monde des années 50, celà représentait une fortune à débourser (le salaire annuel d'un employer masculin en 1952 était de 4404 Francs Lourds , soit 367 Frs par mois, contre 3065 pour une femme, soit 255 Frs 41 cts par mois ! Si on prends le cas d'un ouvrier c'est encore plus bas, 3286 Frs soit 273 Frs 83 cts et d'une ouvrière de la même période le salaire annuel est de 2222 Frs, soit 185 Frs 16 cts mensuel en nouveaux Francs je vous laisse déplacer la virgule de 1 cran vers la gauche et vous comprendrez qu'au 21ème siècle certe, les salaires ne sont pas mirobolants mais le niveau de vie est à des années lumières de ceux des années 50, retransposez ce que vous venez de lire à votre vie actuelle... vous vous voyez en tant que simple ouvrier vous offrir un appareil photo qui est proche d'un appareil photo jetable de par sa conception et qui vous coûterai plus de 1 an de votre salaire, alors que toutes les fins de mois vous êtes dans le rouge car vous avez payer les assurances, le loyer, la nourriture, le carburant, sans oublier également les impôts et les tracas du quotidien, le tout à prix prohibitifs? Et le tout est décuplé si vous êtes marié, veuf, divorcé, ou célibataire, avec ou sans enfants). 

 La suite de ma collection sera ici

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