Histoire générale de la marque:
Woldemar Beier nait en 1886 à une quarantaine de kilomètres
de Dresde. Fils d'un ouvrier sidérurgiste, destiné à le devenir
lui-même, il s’intéresse à la fabrication des appareils photo et entre
comme apprenti mécanicien dans la petite entreprise Merkel de Tharandt.
En 1914, il quitte Merkel et est engagé par Thowe à Postchapel. Il participe au développement des appareils et devient rapidement co-propriétaire.
Le 1er avril 1923, Woldemar Beier fonde sa propre société, la Freitaler Kameraindustrie Beier & Co. C’est une entreprise artisanale, de quelques employés. Son premier appareil s’appelle Edith.
C’est une chambre en bois de milieu de gamme au format 6,5 x 9cm et 9 x 12cm. L’Edith est réussi et les modèles suivants prennent aussi un prénom
féminin : Erika, évolution de l’Edith puis, Lotte. Erika est le prénom de la fille de W. Beier.
De 1923 à 1937, l’entreprise déménage plusieurs fois, le nombre
d’employés croit régulièrement et le volume de fabrication suit. Les
trois chambres sont les seuls modèles au catalogue. Bien que sans
originalité, elles se vendent bien car la fabrication est de bonne
qualité. Beier fabrique aussi des appareils pour Porst (Die Gute Kamera, et la Kamera Spezial).
Dans le même temps, des constructeurs allemands fusionnent pour former Zeiss Ikon AG
à Dresde.
En 1929, des changements interviennent dans la gamme des
appareils de Woldemar Beier. Le nom des Edith, Erika et Lotte est
complété d’un II car elles sont désormais en aluminium. Ces appareils
sont présentés lors de la foire de Leipzig. Un premier folding 6 x 9 en
aluminium, le Gloria, les accompagne.
Bientôt Beier fabrique des box. Certains sont distribués par Kaufhof, d’autres sont sous-traités pour Wirgin.
En 1931, W. Beier présente son premier appareil photo 35 mm, le Beika, qui sera bientôt rebaptisé Beira.
Le premier modèle de Beirette, a un corps similaire à
celui du Beira mais est équipé d'un viseur optique intégré. Il a une
courte période de production juste avant la guerre. Le Beirette II avec
télémètre fait une apparition dans les catalogues juste avant que la
production d'appareils photo ne cesse.
Beier doit se convertir à l’industrie de guerre et commence à produire des composants pour bombardiers et sous-marins.
Les bombardements alliés frappent la région en août 1944 et
s’intensifient.
Le 8 mai 1945, l'Armée rouge entre dans Freital l’usine
Woldemar Beier est remise intacte et sans combat. Les machines sont
démontées et expédiées vers Uljanowsk, la ville natale de Lénine.
Woldemar Beier et ses collaborateurs fabriquent alors des machines à
rouler les cigarettes, des éplucheurs de pommes de terre, des
chausse-pieds, des passoires..etc.
En 1948, ils sont de nouveau capables de produire des appareils photo
dont le Beirax 6x6, qu'ils avaient déjà au programme avant la guerre.
Werner, le fils, rentre à Freital en octobre après trois ans de
captivité en URSS et commence à travailler en tant qu'ingénieur dans
l'entreprise.
En 1950, il devient nécessaire de moderniser la gamme proposée.
En 1945, peu avant la fin de la guerre, la fille de Woldemar meurt dans un accident, ce qui l’empêche de payer les impôts de l’entreprise.
En 1953, Woldemar Beier est dépossédé de son entreprise à cause de
cette dette fiscale qu’il ne peut honorer depuis le démontage de
l’usine pour l’URSS. L’entreprise est mise sous fiducie pendant
plusieurs mois, avant d’être restituée. Durant ce laps de temps,
l’usine est pillée. Woldemar Beier, dégouté, passe la main à son fils Werner.
En 1954, l’usine Beier participe pour la première fois à la Photokina,
à Cologne. Beier prend conscience de son retard technique. La tendance
est aux compacts 35 mm. De retour à Freital, la décision est prise de
fabriquer un appareil 35 mm moderne.
En 1955, le nouvel appareil ne sort pas, vraisemblablement par manque
de moyens financiers, et il faut se contenter d’un lifting des
appareils existants. Le 30 mars 1956, Woldemar Beier célèbre son 70ème anniversaire à Freital, entouré de ses employés de l'usine qui porte son nom. Il meurt 18 février 1957.
En 1958, le Beirette au format d'image, 24 x 36 mm, est mise en production. Le nouveau
Beirette n’a de commun avec le Beirette d'avant-guerre que le nom.
L'usine Woldemar Beier a finalement retrouvé son rythme de production. Jusqu'en 1990, 27 modèles Beirette différents seront lancés sur le
marché.
À la fin de l'année 1958, cinq modèles d’appareils sont en production.
Le 8 janvier 1959, de nombreuses entreprises sont contraintes de se
regrouper au sein du VEB Pentacon (nom définitif adopté en 1964). Beier
n’est pas intégré. Les entreprises privées de RDA ont de plus en plus
de difficultés à obtenir les matériaux et à acquérir des machines.
Werner Beier en conclut qu'il doit soit fermer l'entreprise, soit
accepter la participation étatique. Il accepte une participation de
l'État à hauteur de 35%. L'entreprise devient une société en "commandite" (KG).
En tant qu'entreprise avec participation de l’état, Beier reçoit dès
lors des matériaux et peut acheter de nouvelles machines. Sous la
direction de Werner Beier, les nouveautés se succèdent rapidement.
Presque chaque année, un nouveau modèle est lancé. Werner Beier et ses
collaborateurs présentent le Beier-matic
Les appareils de la marque gagnent également en popularité à l'étranger.
En 1962, des modifications et des améliorations sont apportées au Beirette.
En 1964, un nouveau modèle de Beirette sort.
L'entreprise Woldemar Beier célèbre son 40e anniversaire en avril. A
l'occasion de cet anniversaire, un Beier-matic plaqué en or est remis à
Werner Beier. La production du Beirette augmente encore, les
exportations concernent désormais 44 pays, ce qui apporte à la RDA des
devises.
En 1965, la production du Beier-matic est arrêtée en faveur de celle des Beirette, qui évoluent toujours.
Un modèle est conçu pour la cartouche de film 35 mm standard, tandis
qu’un autre est destiné à la cartouche de film SL. C’est une copie du
système Karat, exception faite que les cartouches sont en plastique et
non en métal comme chez Agfa, ce qui permet d'éviter de payer des
droits à Agfa.
Au cours des années 60, le bureau d’études de la Kamerafabrik Beier, conçoivent de nombreuses versions de Beirette.
L'entreprise prospère, les ventes augmentent et l'exportation atteint
son plus haut niveau depuis 1949. Il faut trouver le moyen d’augmenter
la production, en rationalisant les méthodes.
A partir du 2 janvier 1968, la production à la chaine du Beirette
commence, c’est la première chaîne de montage pour les appareils photo
en RDA.
En 1970, une nouvelle génération d'appareils photo SL, les Beirette SL
200 et Beirette SL 300, sont introduits sur le marché. Le plastique est
largement utilisé, ce qui amène Beier au niveau de fabrication de
l’ouest.
Le 24 avril 1972, la société Woldemar Beier KG est nationalisée, comme
11 700 autres entreprises. Pour la famille Beier, c’est une
catastrophe. La Woldemar Beier KG devient la VEB Kamerafabrik Freital (VEB peut se traduire approximativement par Usine du peuple). Werner Beier se retire en 1976.
Les appareils Beier en production sont maintenant marqués à l'arrière
du logo VEB Kamerafabrik Freital. La fabrique compte 225 employés grâce
à la fusion avec l'entreprise Karl Pouva.
Des travaux de développement du Beirette VSN sont
en cours. Cette nouvelle version est plus légère car le Duroplast est
remplacé par du thermoplastique. Le dos est désormais à charnière. Le
capot est en aluminium et non plus en tôle de laiton chromée. Le nom
vsn signifie simplement vs neu (vs nouveau). Le Beirette vsn est
présentée pour la première fois à la foire de Leipzig en 1974. La
réussite du Beirette vsn à l'exportation est démontrée par une
production sur commande pour Boots Ltd. sous le nom de Boots B.L.
En décembre 1975, la chaîne de production de la Beirette VS est convertie à la Beirette VSN.
En 1976, le modèle Beirette K100 est lancé.
De nouveaux modèles sont introduits en 1977 : Beroquick KB 135 qui est un Beirette vsn destiné à l'exportation pour le compte de Beroflex AG. Le Beirette vsn est également présent au catalogue de Quelle sous le nom de Revue 35 N. Il y a aussi le Beirette SL 400,
un appareil semi-automatique pour cassette SL. La troisième nouveauté
de cette année-là est le modèle Beirette SL 300, qui est
essentiellement une version économique du SL 400.
En 1980, le VEB Kamerafabrik Freital est incorporé au combinat VEB Pentacon de Dresde
À la foire de printemps de Leipzig en 1981, VEB Kamerafabrik Freital fait de nouveau sensation en présentant le Beirette Electronic.
L'appareil photo est très demandé sur le marché mondial et la majeure
partie de la production est destinée à l'exportation.
De 1982 à 1989, une série spéciale de 28 973 appareils photo a même été produite sur commande pour la société Beroflex AG sous le nom de Beroquick Electronic.
À partir de janvier 1985, la restructuration du combinat et la transition vers le combinat VEB Carl Zeiss Jena s’amorce.
Le logo de l'entreprise Carl Zeiss Jena, apparaît soit à l'arrière, soit en dessous des appareils photo.
1988 est la dernière année ou VEB Kamerafabrik Freital existera.
Mon modèle :
Beier Beirette VSN:
Le Beirette est le best seller de la marque et fut produit pendant plus de 30 ans sous bien des variantes, il en existe 4 générations.A suivre, un listing récupéré sur le site Collection-appareils.fr qui vous expliquera mieux que des mots, l'évolution du Beirette.
Modèles de la première génération
Les premiers modèles ressemblaient quelque peu à des modèles ouest-allemands.
Simples, la qualité de fabrication était cependant correcte. Ils ont
tous un levier d'armement et une compensation de la parallaxe au niveau
de la fenêtre de visée.
Modèles de la seconde génération
Au début des années 70, les Beirette ont du retard vis à vis des
fabrications de l'ouest et encore plus par rapport aux premiers
appareils japonais arrivant en Europe. Beier change radicalement le Beirette. Le capot est en aluminium.
| Années | Obturateur | Objectif | |||
| Beirette |
![]() |
1973- | Priomat | Meritar 2,8/45 |
|
| Beirette |
![]() |
1973- | Meritar 2,8/45 |
Fausse cellule autour de l'objectif | |
| Beirette vsn | ![]() |
1974- | Priomat | Meritar 2,8/45 |
existe aussi en noir, bleu ou rouge |
| Boots Beirette B.L. | 1974- | Priomat | Meritar 2,8/45 |
Comme Beirette vsn. Vente en GB uniquement dans le réseau Boots. | |
| Beirette K100 | ![]() |
1976-86 | Chromar 11/52 |
Existe aussi en noir (1986) | |
| Beroquick KB 135 | ![]() |
1977- | Priomat | Meritar 2,8/45 |
Identique à la Beirette vsn. Modèle d'exportation |
| Beirette vsn 2 | 1980-86 | Priomat | Meritar 2,8/45 |
Peint en noir | |
Modèles de troisième génération utilisant la cartouche Orwo-SL
Ces appareils sont en plastique. Leur forme est rectangulaire. L'avance du film se fait par un curseur inséré sur le dos.Quatrième génération
| Beirette Electronic |
![]() |
1981-88 | Meritar 2,8/42 |
||
| Beroquick Eletronic | 1982-89 | Modèle d'exportation identique au Beirette Electronic | |||
| Beirette 35 | c.1986 | Meritar 2,9/45 |
Le Beirette vsn
fut un gros succès pour le VEB Kamerafabrik Freital, puis pour le VEB
Pentacon. Les noms d'entreprise changèrent mais le modèle resta le même
durant près de 15 ans. Les dernières années permirent de voir des
versions aux couleurs plus sympa.
Par rapport à ses prédécesseurs, le Beirette vsn a l'avantage d'être
léger, grâce à l'utilisation du plastique et de l'aluminium, et de ne
pas être cher. Cela suffit à lui assurer le succès y compris à
l'exportation.
Le réglage de l'exposition s'effectue en choisissant un des quatre
repères météo. Cela agit simultanément sur l'ouverture et la vitesse
d'obturation.
Entre 1973 et 1988, il a été produit 1 854 167 exemplaires de cet appareil.
![]() |
| Vue de 3/4 de l'appareil |
![]() |
| Vue de dessus |
![]() |
| Vue arrière du boîtier |
![]() |
| Vue de dessous avec le marquage DDR pour Deutches Demokratische Republik, la designation allemande de la RDA ou encore de l'Allemagne de l'est |
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| Boîtier ouvert prêt à charger une pellicule 35mm |
![]() |
| Cartouche de film 35mm ou 135 Kodak |
Mon appareil quant à lui est quelques peut a cheval entre 2 modèles, il est issue de la seconde génération donc des années 70 ( 1ère génération: fabrication lourde et soignée, 2nde génération fabrication plus sommaire en aluminium, 3ème génération: fabrication en plastique et 4ème génération: plastique et gestion électronique de l'appareil).
D'après le marquage, la finition assez particulière (aluminium peint en noir alors que de base ils sont en aluminium brossé) et le type d'objectif (obturateur PRIOMAT et d'un objectif MERITAR 45mm en ouverture à 2.8), cet appareil à le design d'un Beirette de 1973 pour le marquage, l'obturateur et l'objectif ainsi que la fausse cellule autour de ce dernier et la finition d'un futur VSN qui arrivera en 1974, certaines finitions et détailles, il s'agit donc de la première version du futur VSN, aussi ce dernier n'est pas mentionné sous le nom embouti Beirette comme il le sera par la suite, cette dernière version sera produite en noir, bleu ou rouge entre 1985 et 1986, je peux donc dire que mon appareil est un Beirette de dernière génération ou d'un VSN de pré-série d'où le numéro de série à petit chiffre, 46, à l'opposé du marquage DDR.
La suite de ma collection sera ici























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