Histoire de la marque:
En 1834 George Houghton s'associe au français Antoine Claudet pour administrer une verrerie à Londres, sous le nom Claudet & Houghton. La compagnie Claudet et Houghton fabrique toutes sortes de verres, incluant des verres optiques et du matériel photographique.
En 1867 le fils de George se joint à la compagnie. Dans cette même année M.Claudet meurt et la compagnie prend le nom de George Houghton & Son, puis George Houghton & Sons en 1892.
En 1899 la compagnie s'agrandit en ajoutant les locaux
du 88/89 High Holbourn à Londres, qui deviennent le siège social de
l'entreprise et sera alors nommé Ensign House en 1901 et la production des rouleaux de films photographiques nommés Ensign débute en 1903. Le premier logo de la marque Ensign avait la forme d'un porte enseigne de boutique avec la lettre N inscrite dedans, ce logo sera remplacé en 1911 par un logo ou le nom de Ensign est inscrit dans le drapeau de la Royal Navy.
Durant l'année 1903, la compagnie sera renommé George Houghton & Sons Limited et en mars 1904 la compagnie absorbe les entreprises Holmes Bros, (Le fabricant des caméras Sanderson) A. C. Jackson, Spratt Bros et Joseph Levi & Co au sein de la Houghtons Ltd.
Vers 1908 l'usine Houghtons de Walthamstow représente la plus grande usine d'appareils photos de Grande Bretagne. La compagnie emploi plus de 700 personnes et les bâtiments ont un espace de plancher de plus de 71,000 pieds carrés. Avec leurs bureaux à Holbourn, à Londres, à Hatton Garden et à Glasgow, la Houghtons compte plus de 1000 employés.
En janvier 1915 Houghtons Ltd fusionne avec W. Butcher
and Sons Ltd pour former la Houghton-Butcher Manufacturing
Company. Toutefois les appareils sont toujours vendu sur des
noms séparés (à la manière de ICA avant leur absorption au sein de Zeiss Ikon), leur fusion leur assurant seulement des facilités
de production communes et celà, durant tout le premier conflit.
En 1930 la compagnie prend enfin le nom des appareils qu'elle construit «et devient Ensign Limited.
Dans les années 30 la compagnie produit le Ensign Multex qui sera le seul appareil miniature de la marque.
Pyis arrive la Seconde Guerre Mondiale, dans les nuits du 24 et 25 septembre 1940 la Luftwaffe bombarde et détruit les installations de la Ensign House, la maison mère de la Ensign Ltd du 88/89 High Holbourn à Londres. Le 7 octobre de la même année Ensign Ltd, division des ventes de Houghton-Butcher est démantelée et les stocks restants d'agrandisseurs, d'épidiascopes et de caméras sont repris par Johnson & Sons de Hendon.
La Houghton-Butcher Manufacturing Co. Ltd continue de vendre sous son propre nom, annonçant les appareils Ful-Vue, avec les autres appareils de la marque dans le B.J.A. jusqu'en 1942, quand il annonce qu'ils sont les seuls à pouvoir utiliser le nom de Ensign et qu'ils comptent bien continuer à fabriquer et vendre leurs appareils photos et les accessoires sous le nom d'Ensign. La production d'appareils photos continue à Walthamstow, toutefois les pressions du gouvernement britannique pour les forcer à produire pour l'effort de guerre, la baisse de la demande pour le matériel photo et des pertes de la division des ventes convainquent les dirigeants de l'entreprise d'augmenter leur effort de guerre. Aucun nouveau produit grand public n'est développé durant cette période qui n'a pas un lien direct avec les besoins des militaires.
Le 27 juin 1945 un concordat de faillite survint entre Houghton-Butcher Mfg. Co. Ltd. et Elliot & Sons Ltd. fabriquant des films et plaques Barnet pour former la Barnet Ensign Ltd.
L'année 1948 vit Ross Ltd. fusionner avec la Barnet-Ensign Ltd. pour former la Barnet Ensign Ross Ltd. Clairement on espère que l'ajout des objectifs de grande qualité ROSS rehausse la ligne de produit. Mentionnant même dans la publicité:
" Il semble, sans l'ombre d'un doute que l'alliance Barnet Ensign Ross déplacera le point de mire du progrès photographique du continent (Allemagne) vers l'Angleterre ".
Vers 1951 la compagnie change encore de nom pour Ross Ensign et produit les appareils classique à film bobine des années 50 comme les Selfix et les Autorange qui sont aujourd'hui fort populaire chez les collectionneurs.
En 1955 Ross-Ensign déplace sa production de Walthamstow vers l'usine commune de Ross à Clapham ou il continue à produire les appareils photo, les lentilles et les jumelles.
Ensign aura produit quelques uns des meilleurs folding a film bobine des années 50.
Mais qu'est-ce qui les a amené à ce résultat ?(grandeur et faillite)
-Ensign a dû se battre avec la pensé populaire que les appareils étrangers (allemands principalement) était meilleurs que les fabrications insulaires.
Ensign s'est entêté à produire des folding pour concurrencer les appareils allemands.
La compagnie a complètement ignorée les demandes du public pour les appareils 35mm, ne produisant même pas un prototype, prétextant que le film 120 était supérieur et ne serait jamais surpassé par le film 135.
La compagnie a également ignoré les changements importants de l'industrie photographique jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour inverser la tendance. Les ventes ayant beaucoup trop baissées afin de permettre les mises de fond en recherche et développement pour concurrencer les allemands et l'expansion des compagnies japonaises.
Le grand drame de cette compagnie fut de rester bloquée sur une doctrine (faire mieux que les allemands et rester sur du format classique des années 1900/1930) plutôt que d'évoluer en fonction du marché (l'écrasante révolution des compacts au Format 135 et la prédominance des japonais sur le marché photographique mondiale les achèvera).
La compagnie cesse de fabriquer des caméras et appareils photographiques puis ferme définitivement ses portes en 1961.
Les appareils photographiques et cinématographiques de la marque ?
Il y en a beaucoup, ... beaucoup trop en fait et si je veux que mon article soit le plus lisible possible il est préférable que je vous renvoi vers une liste détaillée (merci à Sylvain Halgand pour son travail de titan il est l'une de mes plus grandes sources depuis 10ans en matière d'histoire des marques et leurs appareils) de la grande quantité d'appareils que créa et vendit cette marque entre 1867 et 1961.
Mon modèle:
La montre photographique HOUGHTONS Ltd Ticka:
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| Vue du monogramme TICKA sur le couvercle de la montre |
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| Vue de côté de l'obturateur en pose Instantanée "I" ou B "T"(Time en anglais) |
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| Faux remontoir bouchon d'objectif |
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| Vue de l'objectif |
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| Vue de dos avec le bobineur et le compteur manuel du nombres de prises de vues ici sur la position 1, il monte jusqu'à 25 prises |
Comme vous l'aurez lu dans mon article sur la montre à gousset appareil photo Expo, le brevet américain de cette invention de Magnus Niéll, ingénieur et inventeur suedois de son état, fut également déposé le 14 octobre 1903 en Angleterre et en Allemagne, le brevet fut même copié par le Japon et donnera naissance à la montre à gousset photographique Moment (il n'est donc pas étonnant de retrouver cette montre photographique dans la panoplie des détectives privées, des voyeurs coquins et malheureusement dans celle des espions de la future Première Guerre Mondiale, dans le camp de la Triple Alliance comme celui de la Triple Entente) et c'est précisément de ce second brevet que nous allons traiter ici. l'entreprise US qui fabriqua la caméra de Magnus Niéll sera la Expo Camera Co de New York et sera sobrement nommée Expo, la version présentée ici est la version britannique qui sera fabriquée par Houghtons Limited, de Londres au 88 et 89 High Holbourn et nommée Ticka, contrairement à la version US, qui fut fabriquée pendant 30 ans, la version britannique fut fabriquée en 1904 et 1914 seulement (faisant référence au tic tac des aiguilles d'une montre, en anglais la pub disait "every tick a picture", ce qui signifie chaque tic une photo ce qui détail le nom intraduisible de l'appareil photo qui pourrait être considéré comme une onomatopée).
Pour ce qui est de la mienne, elle date d'entre 1904 et 1914 (ces caméras n'ont pas de numéro de série difficile d'être plus précis) et plus probablement des premières années de fabrication, car par la suite il y aura plusieurs variantes de gravure du couvercle et le design du monogramme changera, il existera également une variante de vrai/fausse montre avec un affichage de cadran à aiguilles, même une option avec objectif avec une bague de réglage, ce qui n'est pas le cas sur les modèles de 1904 etc...
Parlons caractéristiques techniques, il s'agit littéralement de l'Expo, donc même dimensions, optique, cartouche et format de film.
Donc la montre a les mêmes dimensions et caractéristiques techniques que la version US:
Diamètre: 67mm
Longueur avec remontoir: 73 mm
Poids: 80 grammes.
La Ticka possède les mêmes accessoires que le modèle US, un viseur additionnel à prisme Watson (que vous pouvez voir plus bas), une chambre de développement et un agrandisseur photo.
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| Cartouche 17.5mm complète |
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| Vue de la cartouche papier de protection retiré |
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| Cartouche vue de dessus |
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| Vue de la face avant de la cartouche |
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| Vue du dos de la cartouche |
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| Cartouche vue de dessous |
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| Montre Ticka avec la cartouche de film en place |
Pour ce qui est de l'objectif (même objectif et obturateur que l'Expo), c'est une lentile ménisque achromatique, en verre non revêtue, la distance focale est d'environ 27 mm. C'est l'équivalent d'un 43 mm en plein format, en film 135, aucun réglage possible pour le focus, il est fixe.
L'ouverture: le trou est d’environ 2,1 mm de diamètre, donc avec une distance focale de 27 mm, il serait proche de F1:13, aucun réglage l'ouverture est fixe.
Distance de mise au point : environ 3 m.
Un bon film et une technique appropriée permettront aujourd’hui (car oui il est possible de refaire fonctionner les pockets watches cameras Niéll en recoupant en 2 dans le sens de la longueur un film 35mm Noir et Blanc actuellement toujours disponible à la vente) de réaliser des tirages décents de 3½ x 5″ (format 9x13cm). Résolution d'image approximativement semblable à un appareil photo numérique bon marché de 0,3 mégapixel de la fin des années 1990, mais en 1904 c'était, au vu du type d'appareil une prouesse technique remarquable.
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| Obturateur désarmé |
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| Obturateur armé sur "Instantané" |
L'obturateur est de type fente transversale horizontale en métal et comporte une vitesse instantanée (I pour Instant) d'environ 1/25ème seconde, ainsi qu'une pose B (T pour Time).
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| Viseur additionnel |
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| Viseur en position paysage |
Le viseur additionnel est utilisable en format portrait comme paysage, il s'agit d'un des nombreux modèles qui existe.
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| Catalogue Houghtons Ltd 1910 |
Parlons prix, en 1910, la caméra que je possède était vendu 8 shillings et 6 Pence (l'équivalent actuel de 33£ et 22pence, soit environ 38€ et 64centimes, ce qui fait rêver quand on sait le prix qu'est vendu en collection cette caméra de nos jours) la cartouche de film de la marque Ensign pour 25 prises coûtait 10 pence et le viseur additionnel (view finder) coûtait 2 shillings, si vous vouliez une lentile anastigmate Cook à focale de 1: 6.5 cela coûtera 2£ et 10 shillings de plus, ce qui représentait une certaine somme dans l'Angleterre du début du XXème siècle le salaire hebdomadaire d'un ouvrier moyen était de 2£, 18 shillings et 9 pence et il était alors quasi impossible pour eux de mettre de l'argent de côté tant la vie coûtait cher à l'époque et le peu gagné était généralement utilisé pour la nourriture.
Ce genre d'appareil était donc destiné à une classe plus aisé de la population, ainsi qu'aux fortunés, mais pas aux simples quidams.
La suite de ma collection sera ici


















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