La photographie, de sa génèse à nos jours !
Introduction: La camera obscura:
L'idée n'est pas nouvelle, en effet dès l'antiquité chinoise et grecque on se penche assidûment sur le sujet. Le principe est simple on réalise une boîte intégralement peinte en noire sur sa face interne et sur l'une des faces, on perce un petit trou pour laisser passer la lumière, sur la face opposée au trou, on fixe un support clair et une image est alors visible à l'envers sur cette face, on appelera celà plus tard, un sténopé et la boîte ou s'est matérialisé cette image une chambre noire (Camera Obscura en latin) , mais pour l'heure il n'est question que d'observation pas encore de savoir fixer l'image sur un support.
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| Mozi |
Les traces écrites les plus anciennes des principes de la camera obscura remontent au IVe siècle avant notre ère dans un livre chinois appelé Mozi et est attribué au philosophe chinois éponyme . Il explique comment une image inversée se forme à travers un sténopé, par l'intersection des rayons lumineux.
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| Aristote |
Un peu plus tard, on trouve
également mention de la camera obscura dans le livre XV des Problèmes d'Aristote, il y eut bien d'autres gens de savoir qui se pencherent sur le sujet.
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| Ibn Al-Haytam |
Mais celui qui perfectionnera l'engin et la technique sera le mathématicien et physicien Ibn Al-Haytam aussi connu dans le monde latin sous le nom de Alhazen, via son livre le traité d'optique publié au debut du XIème siècle, il reprend les hypothèses et savoirs de ses prédécesseurs et les perfectionnera, le Traité d'optique est toujours actuellement Le fondement de notre savoir sur le fonctionnement et les principes de l'optique sans ce traité la photographie serait toujours, pour l'heure, approximative voir même pifométrique. Au gré des échanges commerciaux et culturels entre orient et occident, ce traité arrive le siècle suivant en europe et sera traduit en latin mais pour l'heure nous n'avons pas de trace d'une quelquonque utilisation en tant que camera obscura, avant le XVIème siècle (même si il est fort probable que dès le début on ait compris que l'on pouvait dessiner avec pour reproduire des choses).
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| Leonardo da Vinci |
Même Leonard de Vinci se penchera sur le sujet en 1514.
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| Père Daniele Barbaro |
En 1568 le religieux Daniele Barbaro reprend le principe de la camera obscura et l'améliore en lui ajoutant une lentille ouvrant ainsi la voie aux générations futures d'astronomes.
Le Père Scheiner, un astronome, dota cet appareil d'un diaphragme et un miroir incliné à 45° (ce qui en fait l'ancêtre de l'appareil reflex), se servit de cet instrument pour dessiner les tâches solaires... oui au XVIème siècle, l'homme avait inventé une version primitive de copieuse d'image manuelle il n'est alors pas compliqué d'imaginer que cet engin sera utilisé durant des siècles pour les relevés topographiques, cartographiques, mais également chose que les peintres n'admettrons probablement jamais sauf que depuis ce fut prouvé, ils utiliseront la camera obsura, sous sa forme sténopé, ainsi upgradée pour faire rapidement et de manière très fidèle les croquis préparatoires de leurs futurs oeuvres Johannes Vermeer par exemple a probablement utilisé la camera obscura dans ses oeuvres et il est surement, ni le premier, ni le dernier à l'avoir fait.
La camera obscura sera très utilisée et encore améliorée les siècles suivants mais pour l'heure elle ne reste qu'une photocopieuse manuelle, pas encore un appareil photographique.
1- Comment pouvoir fixer ce que l'on voit sur un support ?
L'optique fera de grands progrès durant le siècle des lumières mais il faudra attendre la fin du 1er Empire pour voir commencer les recherches sur le procédé visant à fixer sur un support une image vue à travers un sténopé puis rapidement d'une chambre photographique avec un objectif adapté en lieu et place du trou du sténopé.
| Joseph Nièpce dit "Nicéphore" |
Nous sommes alors en 1816 et Joseph Nicéphore Nièpce commence à plancher sur l'héliographie (l'ancien nom donné à la photographie). Pendant des années il va donc expérimenter et en 1822, Nièpce parvient à copier le portrait dessiné du pape Pie VII sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée, par la simple action de la lumière, ce procédé longtemps utilisé dans la fabrication des timbres, se nomme l'heliogravure. Il parvient par la suite à prendre des photos sur une surface photosensible composée de bitume de Judée, mais dès que la caméra est ouverte l'image disparaît en quelques instants il va donc falloir trouver une substance photosensible qui puisse être désensibilisé par la suite, ou trouver le principe actif qui désensibilisera son émulsion et enfin, en 1824 Il écrira à son frère Claude (lui aussi inventeur, alors en Angleterre pour essayer de trouver des soutiens et vendre leur invention commune le Pyréolophore qui sera un fiasco provoquant même un empreint de Claude Nièpce en 1819) "La réussite est compléte" et demandera alors à son frère de rentrer pour l'assister sur cette invention qui semble prométeuse.
La première photographie officielle de Nicéphore Nièpce est celle dite du Point de vue du Gras, une héliographie prise en plusieurs heures (d'ou l'aspect bizarre des ombres qui ont exposés les deux angles des toits environnants) depuis l'étage de la maison de Nicéphore, à Saint-Loup-de-Varennes (aujourd'hui devenue un musée), comment Nicéphore a-t-il réussit ? Grâce à une plaque d'étain finement polie, mesurant 0,15cm d'épaisseur par 16,2cm de hauteur et 20,2cm de longueur, le tout recouvert sur une face, d'une émulsion de bitume de Judée, qui sera extraite dans le noir puis désensibilisée.
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| Voici le négatif original du Point de vue du Gras réalisé probablement vers 1827 |
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| Voici l'image positive, tirée de ce même négatif |
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| La table servie, 1ère nature morte photographiée, par Nièpce vers 1832 et 1833 |
| Voici le Sténopé avec lequel Nicéphore Nièpce réussira ses premières photos notamment celle du Point de vue du Gras. |
C'est un très grand succès, mais Nicéphore est alors âgé et criblé de dettes du fait de ses recherches et de l'échec commerciale de leur moteur, pourtant novateur, Nicéphore, va devoir trouver de l'argent pour pouvoir continuer à peaufiner sa découverte.
Les bases sont posées, nous avons l'appareil primaire pour capter l'image, le procédé primitif de fixation sur un support de cette image et même les prémices des optiques pour augmenter la résolution de cette image...
Il ne "reste plus qu'à", améliorer les techniques.
C'est ce que nous découvrirons dans la suite de cet article.








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